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Meta menace de quitter l’Europe : vraie menace ou coup de bluff?

meta facebook reefrenceur
Date 08.02.2022
Temps de lecture 7 min
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Facebook et Instagram pourraient-ils disparaître du continent européen? C’est la question que tout le milieu du marketing numérique se pose depuis le 3 février 2022. Dans son rapport annuel déposé auprès des autorités boursières américaines, Meta, la société mère de Facebook, laisse entendre qu’elle pourrait cesser d’offrir ses principales applications en Europe si aucune entente ne permet de transférer les données des Européens vers ses serveurs aux États-Unis. Bluff ou menace réelle? On fait le point.

Un bras de fer avec l’Union européenne sur les données

Ce n’est pas la première fois que Mark Zuckerberg brandit cette carte. Le différend remonte à 2020, lorsque la Cour de justice de l’Union européenne a invalidé le Privacy Shield, l’entente qui encadrait jusque-là les transferts de renseignements personnels entre l’Europe et les États-Unis.

Ce bouclier fonctionnait par autocertification : une entreprise américaine qui s’engageait à respecter les règles européennes de protection des données pouvait traiter les renseignements de citoyens européens. Les juges ont toutefois estimé que les protections contre la surveillance exercée par les agences de renseignement américaines étaient insuffisantes.

Depuis, Meta s’appuie sur d’autres mécanismes juridiques, notamment des clauses contractuelles types, que l’autorité irlandaise de protection des données examine à son tour. Si elle les juge non conformes, le géant devra trouver une autre façon d’exploiter les données recueillies en Europe.

Or, ces données sont le carburant de son modèle d’affaires. Mentions « J’aime », abonnements, partages, âge, ville, profession : chaque geste posé sur Facebook ou Instagram sert à raffiner le ciblage publicitaire. Sans ce flux d’information, la machine publicitaire de Meta tournerait au ralenti.

Une sortie calculée pour mettre de la pression

Dans son rapport, Meta écrit noir sur blanc qu’en l’absence d’un nouveau cadre de transfert, l’entreprise ne serait probablement plus en mesure d’offrir plusieurs de ses produits les plus importants en Europe, dont Facebook et Instagram, ce qui nuirait considérablement à ses activités, à sa situation financière et à ses résultats.

Quelques heures plus tard, un porte-parole a toutefois nuancé le propos : l’entreprise affirme ne pas menacer de quitter l’Europe, mais simplement décrire un risque d’affaires à ses actionnaires. Elle souhaite surtout qu’un cadre durable soit adopté rapidement des deux côtés de l’Atlantique.

La suite dépend désormais de la décision de l’autorité irlandaise, attendue au cours du premier semestre de 2022.

Et si Meta fermait vraiment ses portes en Europe?

Partage de photos, avis de consommateurs, boutiques en ligne, messagerie : Facebook, Instagram et WhatsApp sont devenus des outils incontournables, autant pour les particuliers que pour les entreprises. L’Europe compte à elle seule environ 309 millions d’utilisateurs de Facebook, soit près de 30 % de la clientèle de Meta.

Un scénario de fermeture rappelle une réalité souvent oubliée : ce que vous publiez sur ces plateformes ne vous appartient pas vraiment. Abonnés patiemment bâtis, publications, boutiques intégrées, conversations avec la clientèle : tout pourrait disparaître du jour au lendemain, et vous n’auriez aucun recours.

La leçon vaut aussi pour les entreprises d’ici. Une PME de Sherbrooke ou de Trois-Rivières qui mise uniquement sur sa page Facebook dépend des décisions d’une seule société, de ses changements d’algorithme comme de ses démêlés juridiques. Les médias sociaux restent un formidable levier de visibilité, mais il est prudent de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Le site Web, votre terrain à vous

Avant d’acheter, la grande majorité des consommateurs font maintenant une recherche en ligne. Une entreprise qui n’existe que sur les médias sociaux se prive donc d’une bonne partie de ces occasions, alors qu’un site Web lui appartient entièrement, peu importe ce que décident Meta ou les régulateurs.

Un site vous distingue de la concurrence, rend vos coordonnées faciles à trouver et répond aux questions de vos clients actuels comme de ceux qui ne vous connaissent pas encore. C’est une vitrine ouverte jour et nuit, sept jours sur sept, et une occasion de plus de vendre.

Encore faut-il qu’il soit efficace

Un site Web professionnel combine un design soigné, une navigation simple, des contenus clairs qui renseignent vite le visiteur et un affichage impeccable sur ordinateur, tablette et téléphone intelligent.

Il doit aussi se trouver facilement dans Google grâce à un bon référencement Web. Et tout comme Facebook ou Instagram, il peut servir de point d’arrivée à des campagnes de publicité ciblée.

La protection des données ne concerne pas que les géants

En Europe, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) explique les fameuses fenêtres de consentement aux témoins (cookies) qui s’affichent sur la plupart des sites. Il oblige les organisations à obtenir un consentement clair avant de traiter des renseignements personnels, reconnaît un droit à l’effacement et à la portabilité des données, et impose d’aviser les personnes touchées en cas de fuite.

Le Québec s’est engagé dans la même direction. La Loi 25, sanctionnée en septembre 2021, modernise la protection des renseignements personnels dans le secteur privé. Ses obligations entreront en vigueur par étapes à partir de septembre 2022 : responsable de la protection des renseignements personnels, déclaration des incidents à la Commission d’accès à l’information, consentement plus explicite et, plus tard, droit à la portabilité. Autrement dit, votre site Web devra lui aussi être en règle (ceci n’est pas un avis juridique).

Un site Web, ça coûte une fortune?

Pas forcément. Il existe des formules pour tous les budgets : un site sur mesure demande un investissement plus important au départ, mais répond précisément à vos besoins, tandis qu’une solution plus simple permet d’établir une présence de base à moindre coût. Dans les deux cas, vous gagnez une visibilité indépendante des médias sociaux.

Profiter de l’occasion pour bâtir une présence durable

Que Meta mette sa menace à exécution ou non, ce bras de fer entre la Silicon Valley et Bruxelles rappelle qu’une stratégie de marketing numérique solide ne repose jamais sur une seule plateforme. C’est le bon moment pour revoir vos canaux de vente et de communication.

Référenceur est une agence de marketing numérique francophone établie en Belgique et au Luxembourg, qui accompagne ses clients à distance. Vous voulez savoir si votre présence en ligne est trop dépendante des médias sociaux? Obtenez un diagnostic gratuit.

Où en est-on en 2026?

Meta n’a jamais quitté l’Europe. En mai 2023, l’autorité irlandaise lui a imposé l’amende la plus élevée de l’histoire du RGPD pour ses transferts de données vers les États-Unis, puis l’Union européenne a adopté en juillet 2023 un nouveau cadre, le Data Privacy Framework, qui encadre de nouveau ces transferts. Facebook et Instagram sont donc toujours offerts sur le continent.

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